Le jeu d’échecs est un jeu qui se joue à deux sur un échiquier, plateau de soixante-quatre cases, opposant seize pièces blanches à seize pièces noires. Le but et de faire échec et mat au roi adverse, c'est-à-dire de le menacer de telle sorte qu'il n'ait aucune issue.
Il est bien difficile de définir ce qu’est vraiment le jeu d’échecs. Stephan Zweig, écrivain autrichien du XX, en donne sa vision :
« Assurément je connaissais par expérience le mystérieux attrait de ce "jeu royal", le seul entre tous les jeux inventés par les hommes qui échappe souverainement à la tyrannie du hasard, le seul où l'on ne doive sa victoire qu'à son intelligence ou plutôt à une certaine forme d'intelligence. Mais n'est-ce pas déjà le limiter injurieusement que d'appeler les échecs un jeu ? N'est-ce pas une science, un art ou quelque chose qui, comme le cercueil de Mahomet entre ciel et terre, est suspendu entre l'un et l'autre, et qui réunit un nombre incroyable de contraires ? […] C'est une pensée qui ne mène à rien, une mathématique qui n'établit rien, un art qui ne laisse pas d'œuvre, une architecture sans matière ; et il l'a prouvé néanmoins qu'il était plus durable, à sa manière, que les livres ou que tout autre monument, ce jeu unique qui appartient à tous les peuples et à tous les temps, et dont personne ne sait quel dieu en fit don à la terre pour tuer l'ennui, pour aiguiser l'esprit et stimuler l'âme. Où commence-t-il, où finit-il ? »
Zweig soulève une grande question : les échecs ne sont-ils qu’un jeu ?
Une analyse des aspects historiques, puis psychologiques et métaphysiques du jeu d’échecs permettra de saisir le phénomène dans toute sa complexité.