Ce poème fut publié en 1618 (mais écrit antérieurement). Voici le texte d'origine, en ancien français.
Le jeu des eschets, aux dames
Ça, jouons aux eschets et donnez moy la Dame,
Catherine, mon cœur, doy-je pas justement
La recevoir de vous ? Vous qui, incessamment,D’un mal inévitable emprisonnez mon âme.
Cupidon, vostre Roy, que sans fin je réclame,
De ses traicts, vos pions, m’attaque finement.Si je pense fuir, vos deux yeux, vistement,
Comme bons chevaliers m’arrestent de leur lame.
Dedans vostre beau sein se pommellent deux tours
Qui, d’un autre costé, m’empeschent mes destours,Et vos bras, deux Archers, ne font d’autre finesses.
Bref, vos perfections sçavent si bien matter
Que je n’espère plus vostre mal éviter :
Donnez moy donc la Dame ou l’une de vos pièces.
Voici la traduction que nous proposons.
Le jeu des échecs, aux dames
Là, jouons aux échecs et donnez-moi la Dame,
Catherine, mon cœur, ne dois-je pas justement
La recevoir de vous ? Vous qui, incessamment,D'un mal inévitable emprisonnez mon âme.
Cupidon, votre Roi, que sans fin je réclame,
De ses traits, vos pions, m'attaque finement.Si je pense fuir, vos deux yeux, visiblement,
Comme de bons cavaliers m'arrêtent de leur lame.
Dedans votre beau sein se pommellent deux tours
Qui, d'un autre côté, empêchent mes détours,Et vos bras, deux Archers, ne font d'autre finesse.
Bref, vos perfections savent si bien mater
Que je n'espère plus votre mal éviter :
Donnez-moi donc la Dame ou l'une de vos pièces.